Le film s'inspire de faits réels.
Valdiodio N'Diaye, héros de l'indépendance du Sénégal, est injustement accusé de complot contre l'Etat lors des "Événements de 1962".
A travers le regard de sa fille Amina, âgée de dix ans, nous découvrons les raisons d'une telle injustice. Une famille est brutalement expulsée, des enfants innocents sont privés de leur père au nom de la raison d'état, tandis que Valdiodio est tenu au secret dans le bagne de Kédougou au fin fond du Sénégal. La vie de cette famille semble brisée et pourtant, un lien indestructible se tisse au cours du temps qui passe et un combat s'engage pour sa libération. La presse est alertée, des pétitions circulent, le détenu est enfin libéré après 12 ans de solitude.
C'est un film qui dit la souffrance mais aussi la résilience puisque Valdiodio, acceptant sa destinée, sort grandi de cette terrible épreuve.
NOTE D'INTENTION DE LA RÉALISATRICE
Après deux documentaires sur Valdiodio N'Diaye - l'un sur son discours de 1958 pour l'indépendance du Sénégal, l'autre sur son procès politique - ce troisième volet prend la forme d'un long-métrage de fiction de 1h50. Ce film propose une plongée intime et sensible dans la tragédie vécue par Valdiodio et sa famille, à travers les yeux de sa fille, Amina, alors âgée de 10 ans. Amina c'est moi et je raconte mon histoire personnelle et celle de mon père, effacé de l'Histoire officielle.
Le récit s'ancre dans les années 60 et retrace l'arrestation de Valdiodio, l'exil forcé de sa famille, la solitude de l'attente en France, et la force du lien invisible entre le père emprisonné et sa fille. Le regard de l'enfant, à la fois naïf et lucide, donne au film une tonalité unique, entre tendresse, douleur et espoir. La violence politique, l'injustice, l'exil, les violences faites aux femmes, mais aussi les rêves d'un monde meilleur y sont abordés avec pudeur et force.
L'esthétique mêle lumière douce et clairs-obscurs, plans symboliques, paysages du Sénégal, et archives historiques. Le film bénéficie d'un soin particulier porté aux décors et aux costumes traditionnels et d'époque. Le casting est entièrement sénégalais, avec notamment des comédiens d'une troupe théâtrale, Arcots, issue d'un quartier populaire de Dakar, formés au jeu cinématographique. Musique originale, voix d'enfant, images d'archives et discours historiques ponctuent cette fresque engagée.
La bande originale du film, résolument contemporaine, s'inscrit dans la continuité d'une mémoire ancienne, révélant combien les interrogations d'hier du peuple sénégalais résonnent avec celles d'aujourd'hui. Ce film est à la fois politique et intime, historique et poétique. Il rend hommage à Valdiodio N'Diaye et à toutes celles et ceux qui ont combattu pour l'indépendance et la justice, tout en soulignant l'héritage invisible mais puissant transmis aux enfants de l'exil.