Jonas Spriestersbach est un cinéaste et directeur de la photographie allemand formé aux arts visuels et au documentaire de création.
Il étudie d'abord la communication visuelle à Kassel, où il se confronte à la photographie, à l'installation et aux formes hybrides entre art contemporain et cinéma, avant de poursuivre des études de prise de vue à la Hochschule für Fernsehen und Film (HFF) de Munich, l'une des grandes écoles de cinéma allemandes.
Pendant ses années d'études, il signe plusieurs courts et moyens métrages qui interrogent les rapports entre corps, territoire et violence politique ; parmi eux, Time to Die, Motherfuckers (2016), tourné entre le Canada et l'Allemagne, explore déjà une manière de filmer l'espace et les trajectoires migratoires par fragments.
Son film suivant, Tiere (Animals, 2019), présenté notamment au DOK.fest München, confirme son intérêt pour des dispositifs d'observation au long cours et pour une image très travaillée, héritée à la fois du cinéma documentaire et des arts visuels.
Meanwhile in Namibia marque son premier long métrage documentaire en tant que réalisateur, après une activité principalement reconnue comme chef opérateur ; il y poursuit une réflexion sur la mémoire coloniale allemande, les politiques de réparation et les formes contemporaines du racisme structurel, tout en assumant lui-même la photographie et le montage du film.
Son travail se caractérise par une attention minutieuse à la composition du cadre, à la durée du plan et aux effets de mise en scène produits par les institutions (musées, dispositifs touristiques, programmes de coopération), plutôt que par un commentaire explicatif ; il laisse ainsi émerger les tensions et les contradictions des situations, avec un humour discret et une ironie parfois mordante.
Filmographie sélective : Time to Die, Motherfuckers (2016, 15 min), Tiere / Animals (2019, 75 min), Meanwhile in Namibia (2026, 118-120 min).