Desert Blues 1

  • Desert Blues 1
Genre : Compilation
Date de sortie : Dimanche 01 octobre 2006
Rubrique : Musique

Etrange et très belle "compilation". Non, ne soyez pas rebuté par un sous-titre en français (Ambiance du Sahara) assez ridicule , vous passeriez à côté d'un disque magnifique. Aussi beau qu'étrange. Sans oublier le plaisir des yeux. Ces CD présentés sous un format inhabituel, sont accompagnés par un livret illustré de quelques belles photographies, assorties d'un commentaire qui vous apprendra entre autre ce qu'est la tradition de Jaliya.

Hamza El Din avec Mwasha débute ce voyage sonore de belle façon. En s'accompagnant à l'Oud, ce musicien nubien "virtuose de la musique classique arabe", à la voix si particulière nous fait pénétrer en douceur au sein de ce continent si fantasmé(encore une vision d'européen ?). Oumou Sangare avec Saa Magni fait résonner avec le renfort du violine des mélopées venues du sud du Mali (région du Wassoulou). Et là encore quelle voix. On ne voudrait que jamais cela ne s'arrête...
Une figure plus connue du grand public, Youssou N'Dour vient ensuite, par la grâce de Sama Guent Guii, murmurer à nos oreilles une de ces ballades qu'il affectionne tant.
Baly Othmani (accompagné ici par le percussionniste Steve Shehan) appartient au peuple Touareg du sud algérien. Eilan Akabar Warigazaz lui permet de développer des thèmes chers à toute musique enracinée dans une culture ancestrale: tradition orale, caractère sacré, sentiment d'appartenance à une communauté.
Accompagné par ce curieux insatiable, ce fou de musique qu'est Ry Cooder, Ali Farka Toure au travers de Diaraby, jette un pont entre le continent africain et le continent américain par le biais d'une musique épurée et aérienne. Nous retrouvons ensuite Aster Aweke avec Y'shebellu extrait de son album Aster. Très belle chanson où voix et piano s'unissent longuement pour le meilleur dans un dépouillement qui accentue encore la richesse de la voix de cette chanteuse si particulière. Nous passons ensuite de l'Éthiopie au Sénégal avec Baaba Maal. Dans Samba, sa voix chaude et puissante laisse la place au son aigrelet du hoddu (petit luth).
D'un bond nous passons au Soudan pour retrouver Abdel Gadir Salim. Tonalité très arabisante pour celui-ci, qui comme Hamza El Din s'accompagneà l'oud. Almaryood est pourtant un savoureux mélange de mélopée arabe avec des phrasés jazzy !
Mahmoud Ahmed, autre musicien éthiopien de cette compilation avec Aster Aweke, fait rejaillir Ere Mela Mela/Meche Neu (non je ne connais pas le sens du titre !) avec force cuivre et rythmique carrée. Arrêt en Gambie pour retrouver Tata Dindin et sa harpe à 21 cordes au travers de Duniya. Abou Djouba nous ramène au Sénégal. Toujours accompagné par le hoddu tenu ici par Amadou Madami Sy. Tono et Jaarou (CD2) sont des pièces vocales à deux acteurs (voix et luth) d'une grande beauté.
Kante Manfila, "voisin" de Baaba Maal, fût longtemps le compositeur de Salif Keita, tient la guitare dans é: Agne Anko.

Le marocain Hassan Hakmoun avec Ma'Bud Allah, nous fait découvrir la tradition du gnawa. Musique importée au Maroc par les esclaves noirs et qui s'est ensuite répandue de l'Afrique occidentale au Soudan. En Mauritanie nous rencontrons Dimi Mint Abba et sa voix à la tessiture extraordinaire.Ashabab Yidie Shabab Aldual nous emmène très loin dans des pays qu'enfant nous avons tous rêvé. Ou du moins je l'imagine ainsi...
Le Soudan nous offre Abdel Gadir Salim qui avec Umri Ma Bansa fait musicalement lui aussi la jonction entre l'Afrique noire et l'Arabie. Nous retrouvons ensuite Ali Farka Touré cette fois-ci accompagné par Taj Mahal, musicien de légende. Les deux complices nous servent dans Roucky un blues que n'aurait pas renié John Lee Hoocker ! Retour en Mauritanie avec l'Ensemble El Moukhadrami. Ceux-ci comme Dimi Mint Abba, font partie des iggawen (caste des musiciens). Beyt Bieh reflète de par son chant la beauté et l'âpreté de ce pays. De nouveau nous passons en Gambie retrouver Tata Dindin et sa harpe enchanteresse dans un très beau morceau, Sakhadougou, à la sérénitéapaisante. Baly Othmani revient toujours accompagné par le percussionniste Steve Shehan dans Kel Akalin. L'oud, entre ses mains, est d'une expressivité absolue et sa voix rehausse encore si besoin était la magnificence de cette musique. Sali Sidibe, Ntanan ,est comme Oumou Sangare originaire du Mali. Et comme elle, sa voix mérite toute votre attention. On peut noter ici, l'emploi de la flûte, adoucissant quelque peu le son de la violine.
Nous finissons ce "voyage imaginaire" par la Guinée avec Sona Diabaté (M'boré). Le livret de cette compilation nous apprend qu'elle fût chanteuse dans le premier et l'unique groupe féminin africain "Les Amazones de Guinée". Guitare fluide et voix à l'unisson font de ce dernier titre une douce conclusion à ce voyage dans ce qui fût le berceau de l'humanité. Ne l'oublions pas...

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