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Andrée Davanture (dite "Dédée"), née Andrée Vincensini le 11 octobre 1933 à Poggio-di-Nazza (Haute-Corse) et décédée le 1er juillet 2014 à Paris, est une cheffe monteuse française qui a joué un rôle majeur dans l'essor du cinéma africain francophone et a dirigé la structure Atria, devenue une référence pour de nombreux cinéastes du Sud.
Parcours et formation
- Elle débute en 1952 comme assistante monteuse dans le cinéma populaire français, travaillant notamment avec Henri Verneuil et Robert Hossein.
- En 1965, elle devient cheffe monteuse à la télévision, à l'ORTF, aux côtés des pionniers de la télévision publique française.
- À partir de 1974, elle se consacre principalement aux films de recherche et surtout aux cinéastes africains francophones, amorçant un tournant décisif de sa carrière.
Atria et Atriacop
- Après un passage par la section technique du ministère de la Coopération, elle fonde Atria en 1980, à la suite de l'incendie de cette cellule technique.
- Atria est une structure collective de soutien au montage et à la production qui accompagne les cinéastes dans l'écriture, les plans de financement, l'organisation des tournages, le montage, la postproduction et la circulation en festivals, devenant un véritable carrefour du Sud à Paris.
- L'association, animée avec une grande générosité par Andrée Davanture, soutient environ 250 courts et longs métrages en deux décennies, avant de cesser ses activités faute de subventions à la fin de 1999, même si elle reste alors encore un lieu et un symbole pour de nombreux cinéastes.
- Elle cofonde également Atriascop, structure visant à soutenir la production cinématographique africaine, prolongeant l'action d'Atria sur le terrain de la production.
Travail de monteuse et collaborations africaines
- Andrée Davanture a monté tous les longs métrages de Souleymane Cissé depuis Den Muso (1975), dont Le Vent (1982) et Yeelen (1987), et elle travaillait encore sur un film de Cissé au moment de sa mort.
- Elle collabore aussi avec de nombreux cinéastes africains majeurs : Gaston Kaboré (Zan Boko), Jean Pierre Dikongué Pipa (Badiaga), Safi Faye, Férid Boughedir, Kollo Daniel Sanou, Fanta Régina Nacro, entre autres.
- On estime qu'elle a contribué au montage d'une centaine de longs métrages et d'une soixantaine de courts métrages et documentaires, dans les cinématographies africaines mais aussi arabes, asiatiques et latino américaines, au fil de l'élargissement des activités d'Atria.
Distinctions et reconnaissance
- En 2005, le FESPACO lui remet un prix pour l'ensemble de son œuvre, cinq films montés par elle étant sélectionnés lors de cette édition.
- Elle est reconnue par la critique et les professionnels comme une figure singulière et incontournable du cinéma africain, saluée pour sa générosité, son engagement politique et son combat contre les logiques coloniales dans la production et la post production.
- Un ouvrage collectif, Andrée Davanture, la passion du montage, dirigé par Claude Forest et publié aux éditions L'Harmattan, retrace son parcours à partir d'analyses et d'une cinquantaine de témoignages de proches et de collaborateurs.
Filmographie et héritage
- Sa filmographie couvre aussi bien des films français (par exemple Maigret voit rouge dans les années 1960) que des œuvres africaines majeures comme Yeelen, Zan Boko, Tasuma, le feu, La nuit de la vérité ou Tarfaya, le voyage immobile.
- Malgré la fermeture d'Atria, elle continue de monter des films jusqu'à sa disparition en 2014, soit plus de soixante ans d'activité ininterrompue au service du cinéma.
- Son héritage se mesure autant dans les œuvres auxquelles elle a contribué que dans l'accompagnement de plusieurs générations de cinéastes africains, pour lesquels Atria et "Dédée" ont constitué un lieu de formation, de soutien et de liberté.
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