Cette Rencontre TERRA fait suite à celles du 3 avril 2007 ("La mise à l'écart des étrangers dans les années 30 et aujourd'hui : quelle comparaison ?" Pdt Bernardot - Intervenants : Gérard NOIRIEL, Danièle LOCHAK, Emmanuel TERRAY) et du 24 avril 2007 ("L'asile sociétal : l'accueil des exilés sans ou contre l'Etat", Pdt J. Freedman - Intervenants : Laurent BONELLI, Alain BROSSAT, Damien DE BLIC, Emmanuel TERRAY, Jérôme VALLUY) dans un cycle de rencontres destinées à préparer une publication sur l'asile sociétal considéré sous ses multiples facettes, passées et actuelles, sociologiques et philosophiques.
Ce concept d'asile sociétal désignant les actions et processus sociaux de protection des exilés à l'insu ou contre l'Etat conduit à s'interroger tant sur la légitimité éthique que sur les seuils d'acceptabilité sociale de la repression de ceux que des politiques publiques, celles conduites notamment par les Ministères de l'Intérieur, tendent implicitement à désigner comme des ennemis de l'intérieur menaçant l'identité nationale.
Les figures sociales (juifs, communistes, nomades, terroristes, gauchistes, indépendantistes...) devenues cibles politiques et policières voire militaires d'appareils d'Etat radicalisés ne manquent pas au cours de l'histoire du vingtième siècle et semblent inclure aujourd'hui celle de l'exilé. Dans un contexte historique marqué par la montée des nationalismes xénophobes et par la stigmatisation des étrangers comme problème au travers de politiques publiques reflétant cette radicalisation (rejets massifs des demandes d'asile, sureprésentation des étrangers dans les prisons, restrictions législatives au droit d'asile, traques policières des sans-papiers, militarisation des frontières, prolifération des camps, intensification des rafles, expulsions de masses...), le débat théorique opposant légalité et légitimité se trouve réactualisé en ce qui concerne la défense des sans papiers notamment par les mouvements d'opposition aux actions policières d'arrestations et d'expulsions des exilés.
De quel côté est la raison ? Celui de l'Etat et du droit légitimes en démocratie ou celui de la résistance à des dérives politiques, parfois catastrophiques, dont l'histoire nous enseigne le caractère récurrent y compris en régimes démocratiques ?
Président de séance : Jérôme VALLUY
Marc Bernardot, "Aider ou combattre l'ennemi colonisé. Indochinois et Algériens en métropole 1945-1962"
Monique Chemillier Gendreau, " Modalités du droit de résistance en démocratie "
Etienne Balibar, " Nomades et résidents : quels droits ? quelles actions ? quelle pratique de la politique ? "
Danièle Lochak, "De quel droit désobéir ?"
Salle n°1 de 17h30 à 20 h 30 - Entrée libre dans la limite des places disponibles