
Décoloniser l'histoire, tel était le sens et l'ambition des auteurs de l'Histoire générale de l'Afrique, un vaste projet lancé en 1964 par l'Unesco au lendemain des indépendances, "pour remédier à l'ignorance généralisée sur le passé de ce continent et rompre avec les préjugés raciaux". Ce grand œuvre, dont le fil conducteur était de "considérer l'Afrique comme un tout", a été orchestré, entre autres, par l'historien sénégalais, Cheikh Anta Diop, ou l'ethnologue malien, Amadou Hampâté Ba, a mis plus de trente ans à se concrétiser.
Toutes les questions délicates, dont certaines sont encore débattues aujourd'hui, comme l'origine africaine de la civilisation égyptienne ou la traite négrière, ont été posées pour parvenir à un relatif consensus entre les africanistes.
Le chantier, auquel plus de 350 historiens (dont 80 % d'Africains) ont participé, a abouti à la publication, de 1980 à 1999, de huit volumes, allant de la Méthodologie et préhistoire africaine à L'Afrique depuis 1935. Traduits en sept ou huit langues, certains d'entre eux ont été publiés en version abrégée, souvent traduits en kiswahili, la plus courante des langues africaines mais aussi en hawsa et en peul, pour les mettre à la portée des enseignants africains.
Sur les étagères
Sans succès. Le panafricanisme militant ayant cédé la place aux nationalismes de choc, ce travail de titan est resté dans les mémoires et sur les étagères des ministères. Et rien ou presque n'a été fait pour transcrire ces travaux dans les programmes scolaires des pays. C'est à cette tâche monumentale que veut s'atteler l'Unesco : concevoir une "utilisation pédagogique" de l'Histoire générale de l'Afrique.
Le coup d'envoi de l'initiative a été donné en mars 2009, après que l'Unesco s'est assuré du soutien politique de l'Union africaine et de celui, financier, de la Libye, qui s'est engagée à consacrer 1,66 million d'euros à l'opération...
Lire la fin de l'article de Brigitte Perucca paru dans le Monde du 11 juin sur le lien : http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/10/les-africains-veulent-transmettre-leur-histoire_1370681_3244.html
2 fiches